Comité National

de Résistance et de Reconquête

ESSONNE

CL2R Essonne

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17 mars 2018, assemblée départementale des comités essonniens

03/16/2018

Compte-rendu de l’assemblée départementale des Comités essonniens pour la
Résistance et la Reconquête des acquis de 36-45, réunis le 17 mars 2018 à Massy

 

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Près de 50 militants réunis, des syndicalistes de différents secteurs, dont beaucoup de jeunes enseignants, des militants FI, deux conseillers municipaux.
« Depuis l’assemblée nationale du 14 octobre et la décision de constituer un comité national pour la
résistance et la reconquête, des comités locaux se sont mis en place par centaines dans les localités, les
entreprises. Des militants de toutes tendances s’y retrouvent pour échanger autour des questions qui se
posent à la classe ouvrière : comment faire pour gagner ? Pour faire reculer ce gouvernement et faire barrage à sa politique ? De quel outil avons-nous besoin pour construire la résistance ?
Le journal Informations Ouvrières fait le compte-rendu de ces discussions chaque semaine. Nous avons
constitué six Comités locaux dans le département. Nous sommes à la veille d’une grande grève le 22 mars, chez les fonctionnaires et les cheminots, d’autres secteurs appellent également (…)
Emmanuel Macron est de plus en plus isolé. (…) Tout le monde a été surpris par l’ampleur de la manifestation des retraités. De nombreux commentateurs, pourtant acquis à la cause du Président, commencent à s’inquiéter de la fragilité dans laquelle il se trouve : combien de temps tout ceci pourra-t-il tenir ?
Macron veut faire passer le programme du capital le plus vite possible, tant qu’il le peut : il sait que tout peut s’effondrer. Sa feuille de route, la casse des acquis de 36 et de 45, c’est ce qui a provoqué la chute de Renzi.
Tous les gouvernements qui mettent en oeuvre le programme du capital contre les travailleurs se heurtent à la résistance des peuples et des travailleurs.
En France, les pressions sont énormes sur les directions du mouvement ouvrier et notamment la CGT et la cgt-FO pour leur faire accepter l’inacceptable, pour les faire plier.
Mais les confédérations ouvrières sont encore debout, et il y a la grève du 22 mars qui s’annonce suivie, la
lutte de classes reprend ses droits. C’est à mon avis dans cette bagarre politique qu’il faut chercher la clé de la situation. Elle est dans la révolte et la résistance majoritaire des milliers de militants, leur combat résolu pour la confrontation contre Macron, son gouvernement, sa politique.
Le gouvernement craint que les cheminots bloquent ; il craint ce qui se passerait dans un tel cas de figure au moment où des services d'urgence sur le point d'exploser se mettent en grève un peu partout. Il a raison de le craindre : cette question de bloquer pour les arrêter est posée.
Aider ce mouvement, conforter et élargir cette résistance sera le coeur de la réunion qui regroupera le 24
mars les délégués qui ont constitué le CN2R le 14 octobre dernier
Le journal Informations Ouvrières rendra compte de la réunion du 24 mars et des initiatives qui y auront été scutées et décidées ; le 1er mai sera lancée la campagne des abonnements d'été. »
« Je suis au PCF et à FI. Comment porter une lutte efficacement si les syndicats ne savent pas s’allier contre le gouvernement ? Je suis anti-capitaliste. Je suis allé à la COP23 en Allemagne pour bloquer un charbonnage avec 3000 personnes. Beaucoup soutiennent Macron. J’ai compté 500 sites à bloquer en France (centrales nucléaires, dépôts d’essence) ; il suffit d’être 100 par site pour bloquer le pays. »
« Je suis prof de LEP aux Tarterets. C’est la mort de la formation professionnelle publique au profit de
l’apprentissage, pour envoyer les gamins se faire exploiter directement par les patrons. Ils prévoient de
mélanger dans la même classe des élèves de la formation publique et des apprentis, entre 15 ans et 30 ans.
C’est le retour du CPE, contre lequel on s’est battus.
« Les étudiants et les lycéens vont rejoindre les cortèges des fonctionnaires jeudi prochain. Avec Parcoursup,
il y aurait des critères d’affectation géographiques, donc inévitablement sociaux. Les luttes doivent s’agréger si on veut être en mesure de gagner.»
« Attention à ceux qui ceux qui se présentent comme une alternative « crédible » sur le terrain des élections…
L’issue politique, elle passera par le blocage du pays. On n’a pas le choix et c’est maintenant car Macron casse tout à fond. »
« Est-ce que les grèves sont vraiment efficaces ? Je pense qu’il faut faire de la désobéissance civile. »
« Ce n’est pas une question de légalité mais une question de légitimité. Les gardiens de prison n’ont pas le
droit de grève et pourtant ils ont fait grève plus de 12 jours d’affilée. A part le gouvernement qui les méprise, qui pense que leurs revendications ne sont pas légitimes ? ».
« A Epinay nous avons un CRR local d’une dizaine de participants. De plus en plus de jeunes expriment le
besoin de s’organiser. Dans mon bahut on aura 100% de grévistes le 22 mars. C’est à mettre en relation avec
les discussions politiques de notre comité auquel les profs de mon collège participent. La question de se
retrouver en AG après le 22 pour discuter des suites est posée. »
« Il faut réfléchir au financement des activités du CNRR : location des salles à Paris, transport et hébergement
des délégués provinciaux. En attendant la solution retenue, je propose qu’il y ait une manche à la sortie. »
« Je pense que nous sommes face à une dictature élective. Il faut poser le problème de cette constitution.
Comment reconstruire la démocratie ?
« Je suis conseiller municipal. Depuis plusieurs années, les intercommunalités, aujourd’hui les métropoles, remettent en cause un autre acquis de la classe ouvrière : le droit d’élire ses représentants et de leur
demander des comptes. Le combat pour la démocratie est indissociable du combat pour la défense de la
commune, unité fondamentale de la proximité. »
« Ce que je trouve intéressant dans ce CRR, c’est qu’il réussit à faire ce que nous n’avons pas su faire avec Nuit debout. C’est positif que nous arrivions à faire quelque chose d’organisé. Reconquérir les acquis de 36 et de 45 me paraît un programme légitime. »
« On va avoir le droit dans les prochains jours à de nombreux reportages et commémorations pour célébrer les 50 ans « des événements » de 1968. Il ne sera pas souvent question de la grève générale de mai-juin 68, mais des « événements », de « plage sous les pavés », de « grand soir »... Le prochain numéro d’Informations Ouvrières donnera la parole à Georges Boutin, syndiqué à la cgt-FO et qui était en 1968 à Sud-Aviation. C’est de là qu’est partie la grève, et il a fallu se battre contre les manoeuvres des appareils, contre les grèves
tournantes, etc. Ce n’est jamais simple une grève, c’est une bagarre politique. Il faut en tirer tous les
enseignements. »
« Nous devons poursuivre et amplifier ces discussions dans nos comités de résistance. Nous ne sommes pas une machine électorale. Nous pouvons discuter librement des perspectives, des moyens et des obstacles sans qu’on nous dise : “on ne peut pas faire autrement que d’accepter les réformes“. S’il n’y avait qu’une décision à prendre, c’est bien d’élargir et renforcer nos comités, outils indispensables pour organiser la résistance. »

 

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19 fevrier 2019, réunion du CL2R d'Evry-Corbeil