Comité National

de Résistance et de Reconquête

20 décembre 2019, réunion du CL2R de Saintes

12/19/2019

Compte rendu du CLRR de Saintes du 20 décembre 2019

 

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Le Comité Local de Résistance et de Reconquête de Saintes du vendredi 20 décembre 2019 a réuni des enseignants, personnels de la santé, cheminots, retraités, militants d’association, de syndicats CGT, FO ou SUD, de partis politiques, France insoumise ou POI.


Fin du monde, fin du mois, même combat
La discussion a débuté sur des problèmes écologiques. Des intervenants se sont inquiétés de l’absence de prise en charge politique de la pénurie énergétique à venir, notamment de la nécessité d’utiliser sa voiture pour se déplacer. Ils ont relié cette nécessité à la destruction des transports en commun, et particulièrement des lignes ferroviaires sur Saintes. Les questions environnementales touchent en priorité les travailleurs les plus précaires. La question énergétique suppose de mettre en place des solidarités fortes. Les présents s’accordent à dire que la dégradation de l’environnement, des conditions de vie et de travail participent d’un même système.


« Pas de trêve jusqu’au retrait »
Les participants ont ensuite évoqué le bras de fer engagé avec le gouvernement depuis le 5 décembre. Malgré les grandes manoeuvres, du gouvernement comme des directions syndicales et politiques, pour nous faire de lâcher prise, la grève en est à son seizième jour et continue. Le gouvernement ne sait comment s’en sortir. Beaucoup ont le sentiment de vivre un moment charnière : la base reprend le pouvoir. La grève lui appartient, et même lorsque les dirigeants de l’UNSA ferroviaires décident de suspendre la grève, dans les AG, les syndiqués UNSA, avec les autres grévistes, décident qu’il n’y aura pas de trêve.


Quelqu’un fait remarquer : « ils n’ont lâché sur rien, nous ne devons rien lâcher non plus ». On revient sur les éléments de cette réforme qui sont maintenus par le Premier ministre : un régime universel, un système par points, dont le montant serait évidemment variable, soumis aux aléas économiques, la prise en compte de la totalité de la carrière, l’âge pivot (même s’il ne s’agit que d’un leurre) … en réalité tout ce qui fait de cette réforme une attaque majeure et frontale contre nos droits et acquis. Au-delà, le gouvernement entérine un changement de société : la fin de la solidarité, une société où chacun doit se débrouiller seul. Un participant intervient : « ils reviennent sur tout ce qui avait été acquis après la Libération. Cette attaque avait déjà été amorcée par la réforme de la Sécurité Sociale : Rocard, via la CSG, a fait passer son financement, de la cotisation gérée par le paritarisme syndicats-patronat à l’impôt intégré au budget de l’Etat, donc géré par le parlement, mais en réalité par le gouvernement. Cette réforme a favorisé les mutuelles, comme le projet de réforme des retraites vise à favoriser les assurances retraites privées. » Un budget de la Sécurité Sociale déstabilisé par les 53 millions d’euros d’exonération de cotisation offerts au patronat depuis des années. Depuis trente ans le parlement vote des budgets qu’il sait déficitaire qui aggravent la dette publique et font le bonheur des banques. « Tout est bon pour piller la Sécurité Sociale, à coups d’exonérations, qui étaient pour certaines compensées par l’Etat… et qui ne le sont plus ». Et la Sécu n’est pas un des moindres acquis de 1945 !


Un des présents fait remarquer que cette destruction touche également les services publics : « tout est en passe d’être privatisé. Les conventions collectives ont pour objectif de détruire le statut, on aligne vers tout vers le bas. »


L’un de nous revient sur la communication des membres du gouvernement qui assurent le service après-vente de la réforme : « ce sont des incapables, qui ne connaissent même pas la réforme dont ils parlent. Leur discours n’est fondé que sur des éléments de langage. » Ce qui a particulièrement marqué les participants, ce sont les propos de la porte-parole du gouvernement qui assurait qu’une personne partie à la retraite à 62 ans verrait sa décote disparaitre à 64 ans !


Quelqu’un conclut : « le gouvernement mène une guerre sociale pour détruire tous nos acquis. Nous y répondons depuis seize jours par un combat acharné. Le 17, il y avait autant, voire plus de monde, à Saintes et en Charente-Maritime que le 5 décembre. Le gouvernement n’a pas réussi à convaincre les deux tiers de la population qui soutiennent la mobilisation, c’est révélateur ! Du coup il a décidé de passer en force. Mais s’il retire son projet, nous ne sommes pas sûrs que les camarades s’arrêtent. Ils ont aussi envie de reconquérir tout ce qui a été pris. » Les participants insistent sur la puissance de la mobilisation, portée par la force de millions de personnes. Déjà les confédérations ont été poussées à adopter un communiqué qui dise qu’il n’y aura pas de trêve de Noël. Le gouvernement est fébrile. Une personne : « le problème si on vire Macron, ce serait que le système reste. Il n’y a pas d’alternative politique. Les institutions ne sont pas représentatives. La représentation nationale travaille pour le capitalisme ». Une discussion à reprendre et à poursuivre.


Aider à l’organisation
Les présents réfléchissent à la manière d’aider à poursuite et l’amplification du mouvement. Une Gilet Jaune propose une collecte d’argent pour aider les cheminots en grève reconductible depuis le 5 décembre. Cette idée est examinée et sera discutée avec les cheminots, même si une autre personne fait remarquer que la meilleure manière de les aider c’est de mettre les salariés de notre secteur en grève massive et reconductible pour faire céder le gouvernement le plus rapidement possible.
Un autre avance l’idée de proposer la création d’un comité de grève lors d’une prochaine réunion des secteurs en grève, pour éviter les cafouillages que nous avons connus cette semaine sur différentes actions et pour aider à la structuration et à l’organisation du mouvement.


Un autre évoque les tracts, qui devraient être l’émanation de l’ensemble des participants. Quelqu’un fait remarquer que cette élaboration commune a déjà été mise en place lors de la mobilisation du 6 décembre. Cette collaboration a été appréciée et a permis de faciliter la communication entre les grévistes des différents secteurs, syndiqués ou non.


La structuration des comités
Les propositions de la délégation permanente de structurer davantage les CRR et d’une réunion des délégués des comités en début d’année sont examinées par les présents. Le rôle des comités est rappelé : aider à ce que l’unité puisse se réaliser pour reconquérir les acquis des travailleurs. Un camarade précise qu’ils permettent une vision politique, au sens noble du terme : savoir quelle est l’ampleur de la mobilisation, dans quels secteurs, identifier les blocages et réfléchir à la manière d’aider à les dépasser, pour faire céder Macron, et le reste de ce système.

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