Comité National

de Résistance et de Reconquête

18 décembre 2019, réunionCL2R Paris 5ème

12/17/2019

CR du CLRR 5ème – 6ème du 18 décembre 2019

 

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Jean-Pierre :
L’invitation s’est basée sur le CR de la semaine dernière. On se réunit donc pour faire le point de la
situation, aujourd’hui 18 décembre. Ce que je propose, c’est que comme il faut introduire, je propose
qu’Olivier introduise la discussion.
Olivier :
Syndicaliste CGT, travaille à l’ENS
La journée d’hier, a été particulièrement historique. C’est la plus grosse manif que je n’ai jamais faite.
Les chiffres, je ne sais pas quoi en penser, entre ce que dit la police et ce que dit la CGT, le rapport est
très différent. Mais en tout cas, tout le monde est d’accord pour dire qu’on est plus nombreux que le 5.
Tout le monde est d’accord pour dire que cette réforme est une réforme de merde.
Gabi
Syndicaliste, instit retraité :
Je voudrais insister sur plusieurs aspects, ce qu’on peut dire c’est que c’était plus que le 5 décembre,
on atteint presque les 2 millions. C’est d’une profondeur dans toute la France. Marseille 200 000, etc.
C’est très profond, c’est une colère qui s’enracine, c’est contre Macron. Et surtout c’est « pas de
trêve » : Delevoye est parti sa réforme doit partir aussi. Dans deux jours c’est les vacances scolaires,
donc surtout il ne faut pas lâcher, il faut que ça s’arrête. Grève jusqu’au retrait. Notre discussion
aujourd’hui c’est à propos des manoeuvres, maintenant. Delevoye est parti, c’est l’expression d’une
crise gouvernementale. Donc, il est possible de les faire reculer, d’autant qu’à la manif, il y avait la
RATP, les cheminots, les profs, etc. mais aussi dans le privé. Il y a 7 raffineries sur 8 en grèves, dans
le privé ça s’étend. La manoeuvre hier du gouvernement : on met le comité de gouvernance et c’est les
partenaires sociaux qui mettront en musique cette réforme. On veut associer les syndicats. Mais il ne
faut pas tomber là-dedans, il faut se demander comment on approfondie la grève et comment on fait
reculer ce gouvernement.
Marco
Retraité instit’
Les chiffres, j’y reviens. Les chiffres ridiculement exagéré dans un sens ou dans l’autre, ça fait partie
de la bataille de l’opinion, on sait pourquoi on a ces annonces complètement faussées. Les 64 ans
suspendus… Bon. J’ai entendu un voyou du PS, Le Guen, dire que le gouvernement voulait faire de
l’âge pivot sur sujet de négociation. Or, ce n’est pas ça le problème, c’est le système par point le
problème et là il ne faut rien lâcher. Il y a des choses qui ne sont jamais dites, et j’en profite parce qu’il
y a des choses qui ne sont jamais dites. Parce que pour les jeunes c’est horrible, parce que l’âge pivot
va reculer avec le temps : ça va être 64 ans, puis 72 ans etc. Et ils pourront le faire tranquillement en
douce avec le temps. Donc, si on lâche, ils pourront faire ce qu’ils veulent. A tous les niveaux, on ne
pourra plus rien faire et ils feront ce qu’ils voudront. Et c’est insupportable d’un point de vue
démocratique. A la télé, on entend des choses insupportables : apparemment dans la grève il y a
beaucoup de personnes âgés, parce qu’apparemment ce serait plus facile pour eux. Et l’étalement dans
le temps, ça parait être le mot à la mode, mais c’est juste pour nous avoir. Delevoye c’est juste une
hallucinante arnaque : 13 mandats, il émerge à plus 20 000 euros par mois, et c’est ce mec qui impose
que ce soit que les salariés qui payent les retraites des jeunes. C’est invraisemblable qu’on en soit là, à
se demander si à cause de la trahison de Berger, on n’y arriverait pas. C’est une trahison qui se joue, il
faut passer outre tout cela et ne rien lâcher à ce propos. La capitalisation c’est placer l’argent au profit
de ceux qui « gagnent de l’argent en dormant ».
Bernard
Doctorant, syndiqué à la CGT
J’ai lu le tract intersyndical, qui appelait à la grève jusqu’au retrait. Mais ça pose des questions parce
que les vacances commencent vendredi, qu’est-ce qu’on fait pendant les vacances, on ne peut pas
rester passif, il faut trouver une manière de continuer la mobilisation. Je pense qu’il y a beaucoup de
gens qui ont décidé de rester à Paris du fait de la grève de la SNCF, donc ce serait intéressant
d’organiser quelque chose pendant les vacances. C’est une question que je me pose. Deuxième chose :
il y a hypothèse.fr, c’est une sorte de site pour les activités dans les labos, etc. et ils ont fait grève
pendant 2h et il y a des gens qui ont dit « je refuse qu’on rentre dans une question idéologique ». Sauf
que perdre de l’argent tous les mois, ce n’est pas idéologique, c’est une question matérielle. Et je
pense qu’il y a beaucoup d’arguments, notamment avec le CICE. Maintenant c’est quoi l’argument : il
n’y a pas d’argent ? On savait déjà qu’il y aurait un baby-boom, et pourtant on a instauré la sélection
comme si on ne le savait pas, comme si on ne savait pas qu’il y avait eu plus d’enfants et donc plus
tard d’étudiants.
Je pense qu’il faut parler des questions matérielles, ceux qui font grève le font pas parce qu’ils ont lu
tout Marx, Bakounine, etc. Mais juste parce qu’ils ont plus d’argent
Corentin
Etudiant
On se bat tous contre les retraites, etc. Mais, on a grandi avec l’idée qu’on n’aurait pas de retraite. Moi
je me bats pas juste contre cette réforme, mais contre ce système capitaliste. Parce que faire reculer par
rapport à cette réforme ça ne suffira pas. La jeunesse, n’est pas seulement en lutte contre cette réforme.
Donc, justement par-là, il faut réinvestir l’expression « contre la Loi El Khomri et son monde ». Et
donc aujourd’hui dire « Contre Macron et son monde ».
Et pour le nom du comité, on pourrait dire comité pour la résistance et la révolution. Parce qu’on va
plus loin, mon objectif est plus loin que les acquis de 36 et 45.
Et là, pour la question des grèves pendant les vacances. Je pense qu’il faut continuer à être hyper
actifs, moi je ne me considère pas en vacances. Et nous il faut aller dans les résidences parce que les
facs sont vides, du fait que les facs sont fermées. On a déjà commencé à le faire ce week-end. Donc,
on peut rejoindre aussi les grévistes dans les dépôts RATP.
J’avais remarqué qu’hier, il y avait des cortèges par AG et derrières des cortèges syndicaux. Or, ça
donne l’impression que les syndicats ne sont pas sur le terrain, alors que les syndiqués sont bien là.
Donc, je pense que les syndiqués doivent aller dans les autres cortèges, pour discuter politique. Les
manifs c’est aussi une grande réunion politique
Benoit
L’importance de la manif personne ne peut la nier. J’écoutais la radio et il disait : le gouvernement est
face à un problème, ils ont essayé de diviser (la question de noël) et malgré tout quand on pose la
question aux gens pour savoir si leur vacances de noël seront ruinées, ils répondent que ça sera à cause
de Macron. Donc, on ne peut avoir un tel mouvement et que ça s’arrête pendant les vacances, moi je
ne m’inquiète pas. Tout va reprendre à la rentrée, et toutes les AG disent qu’il y aura pas de trêve de
noël, on continue. Donc, c’est un élément majeur qui déstabilise tout le monde.
Le nouveau mec qui a remplacé Delevoye, il a bossé 2 mois à Auchan et il a touché une dizaine de
milliers d’euros et même l’Etat dit que ce n’est pas normal. Et même le fait que le gouvernement ait la
CFDT avec eux, ça ne suffira pas. Et là le fait que la CFDT n’est pas avec eux, c’est aussi un élément
de crise.
Moi je suis enseignant et dans les universités ça n’est pas massif encore et je pense qu’il faut continuer
à mobiliser sur nos facs, militer pour l’ouverture des facs. Et puis il y a aussi la répression cf. Rennes 2
Jean-Pierre :
La question des congés scolaire est une question objective. Delevoye a sauté, il s’est vanté d’avoir une
certaine écoute des organisations syndicales. Les secrétaires généraux de FO et la CGT ont eu une
petite larme en voyant que Delevoye partait.
J’écoutais le secrétaire de l’UNSA cheminot, et le journaliste lui posait la question de la close Grandpère.
Et il s’est pas démonté, il a dit : nous on a un contrat, et on entend qu’il soit respecté. Sans doute,
il s’est souvenu que l’année dernière les dirigeants des organisations syndicales ont pris pour argent
comptant les promesses du gouvernement : « si vous ne touchait pas à nos statut, on arrête la grève ».
Donc, ce n’est pas simple, pas du tout.
Par ailleurs, en Belgique, il avait liquidé la question en 24h : les trois syndicats avaient appelé à la
grève contre la retraite par point, et le gouvernement a cédé. Mais, ici, le gouvernement s’accroche, et
ça montre qu’il y a un enjeu : les fonds de pensions, c’est le système capitaliste, on voit ce qu’il se
passe aux USA.
Dans IO, il y a une page sur les méfaits du système capitaliste qui chiffre les exonérations patronales à
la sécurité sociale et le montant s’élève à 540 millions d’euros. La lutte contre les formes de pensions,
c’est une lutte contre le système capitaliste. Ce journal aide à conforter la résistance, pour que la grève
continue.
Lia
Je reviens à Rennes 2. Je pense que ça devrait faire la une de toutes les presses. Ça me rappelle les
universités d’Inde qui sont occupées par l’armée. J’ai l’impression qu’en France, la répression est
devenue énorme. Il y a une loi qui est passée récemment : on n’a plus le droit de prendre en photo les
forces de l’ordre. Il y a une fille de 21 ans qui a pris 17 mois ferme de prison, parce qu’elle a filmé des
forces de l’ordre. Donc cette loi protège encore une fois la police, et encore une fois augmente la
répression. On ne peut plus avoir de preuve physique, déjà qu’avant c’était classé sans suite…
Le fait que Delevoye soit viré mais que sa réforme soit maintenue ce n’est pas normal. Pour moi, ça
témoigne d’un disfonctionnement à l’intérieur d’un gouvernement qui est réel.
A Rouen il y a des entreprises qui n’étaient jamais en grève et qui étaient là à la manif. J’ai
l’impression que les gens se sont habitués aux grèves et qu’ils font avec. Je pense que l’opinion est de
notre côté. On a vu pendant la manif comment la RATP se faisait applaudir par tout le monde. Dans
les dépôts, les étudiants, les profs, tous les secteurs vont les soutenir. Bon, il ne faut pas que ça
remplace la lutte dans nos propres secteurs, mais il y a une camaraderie qui est réelle.
Je pense que notre génération s’est mise en lutte parce qu’on voit nos acquis se faire raboter. Et là, le
problème de la fermeture de nos facs est un vrai problème. Et, par rapport aux syndicats… Le SO est
une protection. Et c’est vrai que tout ce cortège de tête, est problématique… Parce qu’on était tout
seul, on était exposé. Il faudrait parler des cortèges. Le syndicat suppose une protection, donc il faut en
parler. Donc si on repart en province, profitons-en pour faire du porte à porte, etc. Et surtout aller au
GJ, parce que eux sortirons toujours.
Angéline :
Rectification : l’amendement n’est pas passé. La fille a été emprisonnée, parce que les flics se sont
plaints de violence psychologique.
Je reviens sur ce qui s’est passé hier. Je n’ai jamais vu une manifestation aussi combative, avec une
réelle solidarité. Là, c’était tout le monde qui se félicitait. Nous on était devant les enseignants, ils
étaient vraiment déterminés. Et à un moment ceux qui étaient devant les enseignants, se sont retournés.
Et pareillement, le moment de la RAPT était historique. Tout le monde les a applaudis.
J’étais au dépôt le matin. Il y en avait qui disaient qu’on continue, d’autres qui disaient que c’était dur.
Et un travailleur, disait qu’il était étonné : quand on les avait présentés à une AG interpro, tout le
monde les avait acclamés. Parce que c’est parti d’eux et les autres secteurs les remercient parce que
sans eux on serait encore là à se regarder.
Et j’ai parlé à des gens qui me disaient qu’ils seraient là jusqu’au retrait et plus encore. Et justement, la
mobilisation permet de former les gens, les gens s’organisent pour ne surtout pas l’avoir à l’envers.
Dans les cortèges d’AG, il y avait des syndiqués. On est déjà dans l’idée : cette fois ci ça s’organise
par la base, chez les syndiqués.
Grâce à la grève des transports, on voit des cortèges arrivés par les rues adjacentes. C’était vraiment
magnifique. Donc dans cette mobilisation, il y aussi une formation en cours, des bases pour se
réapproprier leur lutte et la suite.
Moi je retourne chez ma mère pendant les vacances et s’il y a des manifs, j’irai aussi là-bas.
Par rapport au SO… J’ai un petit regret, c’est que quand on arrive à Nation, les gens repartent. Et en
fait c’est parce qu’il y a des flics. Et on ne veut pas être éborgné, c’est la blessure de notre génération,
de notre lutte. Quand même, imaginons seulement si toutes les centaines de milliers étaient restés : on
aurait décidé ensemble. On est en train de vivre l’histoire-là, et là, notre intérêt, c’est de trouver les
points d’issus, les moyens de s’organiser, etc. On pourrait par la discussion, développer la discussion
pour ne pas s’arrêter au retrait.
Denis
Retraité de Jussieu, et toujours relié à mon ancien travail par la CGT
Angéline a bien décrit ces phénomènes qui se définissent par le bas. Dans les manifs, il y a les
cortèges syndicaux avec leur tradition, etc. mais il y aussi des militants dans leur cortèges
(établissement, etc). Et c’est nouveau, depuis un an, y compris dans mon syndicat, les GJ a soulevé
une nouvelle question. Pour ouvrir la voie à une autre société, il faut commencer par les arrêter. Mais
c’est un même mouvement. Hier, on entendait le chant des GJ contre Macron, chantés par les
syndiqués.
Je pense que les AG c’est important. Cette tradition des AG, de soumettre la reconduction de la grève,
n’existait pas. Les votes se fond à chaque AG. Et la dernière, dans ma fac, avait commencé la réunion
comme ça, en parlant de la question des retraites, mais on s’est dit qu’il fallait avoir un ordre du jour
pour voter la grève. Le mouvement est face à pas mal d’obstacle. La question de la trêve par exemple,
et la réponse de l’intersyndicale nationale est « pas de trêve ». A Jussieu, il y avait des ag de 100-120,
puis c’est retombé à 60. Et un syndicat, a dit qu’on n’appelait pas l’AG avec des tracts etc, on se
contentait seulement d’invitation orale. Donc, moi j’attendais à Jussieu de la part de mon syndicat une
invitation à l’AG, qui n’est pas arrivée, j’ai envoyé un mail. Il y a eu une réponse, avec un
communiqué mais sans un mot sur le retrait. J’ai trouvé le moyen de mettre cette question au centre.
Donc, j’ai envoyé le communiqué des syndicats nationaux après la manif d’hier qui parle de la
reconduction de la grève. Au final, ce communiqué sera envoyé par le biais de la communication
syndicale dans les universités. Donc c’est déjà une préparation pour la grève.
La fermeture de la Sorbonne. Un article dans Libération, a circulé. J’ai appelé Maillard, le SG de la
FSU. Il s’est fendu d’une lettre à Chambaz, pour lui rappeler que ce problème de fermeture est public
et qu’il y a de plus en plus de protestation. Cette histoire est en train de faire son chemin, il est en train
de s’adresser aux autres syndicats pour laisser le droit aux étudiants de discuter. La question de la
souveraineté se pose.
Fabien :
Etudiant à l’INALCO
Il y a une question que j’aimerais poser : est-ce que c’est un mouvement contre la réforme des retraites
ou contre le capitalisme ? Si c’est contre le capitalisme, c’est contre quel aspect du capitalisme ? Le
travail ou la société de consommation ? Cette dernière est au coeur, du problème, pourtant. En fait, ce
mouvement me gêne en un point, mais je le trouve très beau parce que les gens se retrouvent. Mais,
par contre, ce mouvement est purement de contestation, il ne créé rien. Un mouvement purement
négatif, comment pourrait-il fédérer plus de monde ? L’aspect de la société de consommation est vital,
parce qu’elle est culture. Elle s’est imprégnée dans tous les aspects de notre culture, ce mouvement ne
doit pas être seulement politique mais aussi culturel. Qu’est-ce qu’on pourrait construire ? Il faut
qu’on puisse réfléchir ensemble sur ces questions-là.
Gilles :
Société de consommation… Pendant des décennies, on a pensé travailler, mais nos dirigeants ont bridé
notre agriculture, nos routes, etc. La société de consommation qui fait qu’en plus de ça, ça a rendu les
gens énormément égoïstes. Il y a eu la première contestation des GJ, la réforme des retraites, et on en
peut plus. On se prend coup sur coup depuis un temps. Il y a un an ou deux, on aurait pu refuser de
payer nos impôts, on ne l’a jamais fait. J’avais évoqué aussi l’idée de vidéo, etc. Il y a aussi une caisse
de grève, au travail, que je viens de remarquer. Donc, on s’organiser. Les mecs se gavent… Quand on
paye, les dirigeants donnent aussi aux copains.
Sur le côté répressif, on a des flics qui ne portent pas leur badge. Quand ils m’expliquent que la Suède
avec ses retraites à point, c’est super, j’ai envie de leur dire de ne serait-ce que prendre le métro.
On en est donc qu’au point du constant, pour l’instant, mais les réponses s’élaboreront.
Jules :
Etudiant à l’INALCO
Le nombre de la manif était impressionnant, de même que la détermination qu’on y sentait. Le
mouvement prend une forme de confiance… « On va gagner » ! Je pense que les vacances n’auront
aucune incidence sur le mouvement, on va juste revenir plus frais. Aussi, au niveau des étudiants, la
question des AG qui ne sont pas très massifs. Les étudiants sont dans les manifs mais pas dans les AG.
On ne peut pas se réunir dans nos facs, mais les étudiants sont quand même mobilisés dans les facs.
C’est aussi l’état d’esprit d’aller parler à tout le monde.
Après, se pose la question de dès maintenant préparer les AG de rentrée, reprendre avec les
enseignants, les personnels, etc. Se réunir, et décider de la suite du mouvement au retour des vacances.
Comment les Ag prennent contact avec les AG du coin ? A l’INALCO, on a rejoint les hospitaliers de
la salpêtrière. Sans diluer les AG dans des AG interpros. Avec des délégués d’AG etc. pour mettre en
commun.
Un des risques : c’est la grève par procuration, en isolant les cheminots et les salariés de la RATP. Je
pense aussi qu’un élément de confiance c’est qu’on se communique les infos pendant les manifs, etc.
4 000 personnes à Compiègne, etc.
Le fait qu’à Rennes les flics ont matraqué, c’est un signe du débordement du gouvernement, la
semaine dernière ils étaient rentrés dans la fac de Brest. Et en même temps, hier il n’y avait pas de
répression donc on doit se demander si le gouvernement n’est pas dans la négociation.
Corentin :
Par rapport au gars d’Auchan, il avait licencié une caissière parce qu’elle avait mal encaissé 80
centimes. Comment ils osent mettre un mec comme ça.
Concernant les ag interpro pendant les vacances. Je parlais à un prof à Pantin, il disait que ça se passait
bien, que le matin ils aidaient les dépôts, et l’après-midi il faisait le tour des collèges et lycées. Mais
l’après-midi, quand ils font ça, il y a même les grévistes de la RATP qui les accompagnent etc. Il n’y a
pas seulement les AG interpro.
Concernant le fait de lutter contre cette lois, c’est lutter contre ce capitalisme : oui, oui, c’est une loi
capitaliste. Les retraités c’est un salarié à vie, il n’y a plus de chantage à l’emploi. Et mon objectif
c’est de baisser l’âge de la retraite, pour qu’il y ait un salaire à vie de sorte à abolir le marché de
l’emploi. La vraie bataille, ce n’est pas pour plus d’emploi, c’est pour abolir le marché de l’emploi.
Pourquoi on lutte ? C’est aussi pour le dérèglement climatique. Ce système capitaliste, parasite tout et
ronge les sols, etc. que ce soit les travailleurs ou la nature elle-même. On doit avoir pour objectif la fin
du système capitaliste.
Sur les SO : ça peut être rassurant quand on n’est pas habitué à être confronté à la violence. Mais, il y
a beaucoup de personnes qui théorisent le fait « qu’il faut encore des SO ». Ce qu’on veut c’est sortir
du système actuel, et donc il va falloir apprendre à boxer.
Les black bloc sont nécessaires, et il ne faut pas être en compétition les uns avec les autres.
Et je pense qu’il faut une giletjaunisation du travail syndical, on n’en veut plus des manifs république
–nation.
Olivier :
Le SO, je ne savais ce que c’était-il y a un mois. Et puis, mon syndicat a été contacté, on me l’a
proposé, et puisque je ne savais pas ce que c’était, j’ai dit oui. Protéger le cortège… Le SO était en
place à 11h30, si les cortèges s’insèrent devant, on ne peut rien faire.
Sur le rôle du SO, je ne sais pas. C’est une question que je me pose. Quand on arrive à Nation, le but
c’est de faire avancer toute la foule, et si pour une raison x, il y a un trou ceux qui arrivent, arrivent
dans les lacrymo’. A la CGT, le SO c’est des profs, etc. des gens qui sont tous autant musclés que moi.
C’est un rôle qu'on découvre au fur et à mesure. On s’auto-forme entre nous, avec nos convictions, etc.
C’est un rôle assez schizophrène.
Demian soir je participe à une AG de quartier, 11ème-12ème organisé par des profs et des salariés de la
RATP. Faire des AG interpo c’est aussi très bien.
Alice :
Etudiante à Paris 4
La grève est un moyen de contestation, c’est formidable. Son essence, c’est pour le retrait de cette
réforme. On joue contre quelque chose, contre cet état. La grève n’empêchera jamais Niel etc. de se
gaver. Mais n’y a-t-il pas une autre méthode, parce qu’on s’attaque à quelque chose ?
Tu parlais de la Suède, en 10 ans ils prennent des mesures comme nous, il y a une misère sociale plus
importante qu’en France. Cette grève peut permettre un renoncement du gouvernement. Mais
comment on fait pour faire chuter le gouvernement. Quel est le pas d’après la grève ?
Ce système absorbe tout, jusqu’à nos propres manifestations. Mais une bonne manif qui ne déborde
pas, c’est une bonne manif pour eux. Qu’on soit 2 millions, ou 2 000, le gouvernement s’en fiche. On
ne va pas demander à tout le monde de castagner, mais les mouvements qui veulent le faire, allons-y.
ça demande de s’organiser, parce qu’on est en danger. Quelle violence on peut leur imposer ? Que
ceux qui veulent faire la manif syndicale, la fasse, et ceux qui veulent pas, décident d’un autre trajet,
qu’on se renseigne aussi du côté juridique, etc. Comment on se giletjaunise ? Comment on fait pour
les faire ? Il y a plus de limites, on s’en met toujours nous, mais eux n’en ont pas. Et il faut mettre nos
moyens à l’échelle de nos objectifs.
Gille :
Ils essayent de nous vendre une retraite par capitalisation au moment où les assurances vie n’ont plus
de fric.
Fabien :
Quand je parle de société de consommation et de culture, ce n’est pas juste acheter. C’est aussi un
mouvement qui doit proposer une autre façon, pour permettre de changer les esprits on doit être les
esprits qui changent.
Gali :
Ceux qui ne sont pas capables de défendre les acquis actuels, c’est ceux qui ne sont pas capable de
conquérir de nouvelles choses. Les manifs restent dans le cadre… Non. Dans la manif, on a dit qu’on
voulait le retrait, qu’on voulait la grève. Et c’est donc sortir des cadres. C’est le premier pas. Si on
arrive à les faire reculer là-dessus, c’est un chemin qui nous est ouverte. Donc, il faut rester tous
ensemble en manif, parce que le gouvernement c’est le capital.
Mathieu :
Cette répression peut s’expliquer par une peur un peu phobique du peuple. Quand les GJ avait défoncé
les grilles du ministère, tout le monde transpirait. A ce moment-là, les GJ ont ouvert une brèche. Et
donc le fait que la répression augmente, est la preuve que le gouvernement n’a plus rien à perdre et
que le mouvement se porte bien. Le gouvernement essaye de diviser, mais ils n’y arrivent pas. Les
gens ne s’attaquent jamais aux grévistes.
Par rapport aux solutions. Je pense que ça passe par la création d’espace : créer du lien. C’est ce qu’il
se passe aujourd’hui. Les GJ c’était complètement impromptu. Et depuis l’élection d’Emmanuel
Premier, il y a quelque chose de fondamentalement funeste (qui avait été amorcé depuis 83), cette
impasse libérale, pour moi, Macron est le dernier soubresaut, la dernière pulsion de ce système-là. Et
là, c’est à nous de créer du nouveau. Par rapport au fait de créer de nouveaux espaces dans la rue
(d’ailleurs, les black bloc n’existent pas, c’est une création policière, c’est une stratégie de
manifestation et c’est inspiré par les automistes). On ne gagnera rien à opposer les forces, les bons
militants, les méchants, etc. ça sert aussi à radicaliser une situation, mais parfois on prend des retours
de bâtons, qui sont fortement réprimés.
Il faut s’emparer de ce bel espace.
Soumya :
Etudiante,
Je trouve ça inadmissible, ces fermetures autoritaires et répétées de la Sorbonne. Mardi dernier, nous
avions convoqué une AG, seulement deux étudiants ont voulu rentrer à 11h, et les responsables leur
ont refusé l’entrée. Un des vigiles m’a ouvertement dit que nous n’avions pas le droit de nous réunir
dans les murs de la Sorbonne, si nous voulions le faire, nous devions le faire dehors. Et puis ensuite,
quand je lui ai expliqué comme les protestations augmentaient, comme tout le monde s’insurge de ces
décisions rectorales arbitraires et anti-démocratiques, quand je lui ai aussi dit comme c’était aussi
l’avenir des étudiants qui étaient en jeu du fait qu’ils aient plus accès à leur bibliothèque par exemple,
il a osé me répondre que si voulais l’ouverture de l’université, je devais aller voir les étudiants et
arrêter de se mobiliser. C’est révoltant !
Aussi, il faut noter ce mail de Tallon, le doyen de Lettre, qui s’est targué du bon fonctionnement de la
Sorbonne, malgré la grève, le froid et la pluie. Comment ose-t-il ? Alors même que non, la Sorbonne
ne fonctionne pas comme il le faudrait, loin de là, on ne fait qu’augmenter les fermetures abusives
quand on ne fait pas des contrôles abusifs.
Ceci dit ! La mobilisation grossit encore ! Un ami à Angers m’a dit qu’il y avait 10 000 manifestants,
le 17 décembre. 10 000 sur 50 000 manifestants, donc c’est bien 1/5 de la ville qui était en
manifestation, c’est énorme !
Jean-Pierre :
Il ne nous est pas du tout interdit d’agir. On propose Jules et moi la motion suivante :
« Comité de Résistance et de Reconquête du 5e (CRR5e)
Le CRR5e réunie le 18 décembre 2019, au lendemain des manifestations rassemblant
près de 2 millions de personnes pour le retrait de la réforme des retraites (système
universel à points) Macron-Philippe:
-a pris connaissance de l’interdiction faite par le Rectorat de Paris aux étudiants de la
Sorbonne de se réunir en Assemblée générale pour préparer la manifestation du 17
mars afin d’exiger le retrait de la réforme des retraites.
-a été informé qu’un camarade du CRR5e, responsable syndical, s’est adressé au
Président de Sorbonne Université pour que le respect du droit de réunion pour les
étudiants de la Sorbonne et a fait part de son initiative à tous ceux qui sont attachés aux
libertés démocratiques.
En conséquence, le CRR5e demande au Rectorat de Paris de respecter le droit des
étudiants de la Sorbonne de se réunir en AG pour débattre et décider de leurs
revendications. »
Denis :
J’ai raconté que Maillard était le premier à avoir fait une démarche en s’appuyant sur la tribune.
Gali :
Oui, mais dans sa lettre, il ne demande pas l’ouverture.
Jean-Pierre e :
Il faut que tout l’arrondissement soit au courant ! Mai 68 a commencé avec les étudiants qui avaient
été arrêté à la Sorbonne.
[Discussion sur la motion]
Motion votée à l’unanimité.
Angéline :
Pour s’organiser pour les diffusions, est-ce que les mails vont fonctionner ?
Gali :
Demain il y a une manif à l’appel de l’intersyndicale.
Prochaine réunion le mercredi 8 janvier
18h

18 décembre, réunion CL2R Bassin à Biganos 17 décembre 2019, réunion du CL2R du Grésivaudan