Comité National

de Résistance et de Reconquête

10 septembre, réunion CL2R La Garde

09/09/2019

Comité Local de Résistance et de Reconquête (CLRR)
La Garde – Mardi 10 septembre 2019 :
18 militants se sont réunis : syndicalistes CGT et FO,
militants LFI et POI, gilets jaunes
Un des six délégués varois à la Convention nationale du 30 mars a introduit la discussion

 

Présentant brièvement le Comité National de Résistance et de Reconquête, le délégué a fait un
état de la situation en cette rentrée :
- les acquis de 1936 et 1945 de notre pays (sécurité sociale, conventions collectives nationales,
fonction publique, SNCF…) sont remis en cause par le capital et le gouvernement à son service,
mais les attaques contre toutes les conquêtes se multiplient aussi dans l’Union européenne et
dans les autres pays du monde, avec une répression importante,
- la résistance se développe, avec une aspiration des travailleurs à contrôler leur mouvement :
en France, avec les gilets jaunes, les urgentistes (l’assemblée générale des délégués du
collectif inter-urgences avait lieu ce même jour), dans l’enseignement au moment du bac, à la
RATP, chez les avocats, pilotes, infirmières, aux finances publiques… mais aussi à Hong Kong,
en Algérie, avec le mot d’ordre « système, dégage ».
Il y a une question centrale : c’est la réforme des retraites. Informations ouvrières de cette
semaine montre la jonction de la CGT à Rouen avec les gilets jaunes, pour le maintien des 42
régimes de retraite attaqués par le gouvernement avec la retraite par points. Mais il y a des
obstacles, et en page suivante, on voit un article où il est question non pas du maintien des 42
régimes de retraite, mais de contre-propositions à Delevoye, « pour une autre réforme »,
comme si on pouvait « négocier » avec ce gouvernement capitaliste… On peut faire le parallèle
avec ce paragraphe de l’invitation à la deuxième réunion du Comité international de liaison et
d’échanges (CILé), fin novembre à Paris, où il est écrit :
« Certains, qui prétendent parler au nom des travailleurs et des peuples, voudraient, en dépit de
l’expérience de ces dernières décennies, contenir ce mouvement dans le cadre du respect du
système capitaliste. Avec ces mêmes arguments, ils voudraient assujettir, au nom du « dialogue
social », les organisations syndicales aux plans de destruction des acquis ouvriers. »
En France, les concertations avec Delevoye sur la réforme des retraites se poursuivent, alors
qu’on sait que le gouvernement veut détruire les régimes de retraite existants ! En conclusion,
notre Comité local a pour but d’échanger sur ces questions, et de construire une force politique
pour aider à résister. Le CILé se termine par un meeting internationaliste le 30 novembre à
Aubervilliers, nous avons 18 places de train pour le Var, nous inscrivons tous ceux qui veulent
construire cette force, et nous poursuivons la campagne pour le financement des billets de train.
Et on continue le développement du CLRR, l’aide à la jonction des organisations syndicales et
des gilets jaunes, et les prises de position pour le maintien des 42 régimes de retraite.
Extraits des échanges (non exhaustifs) :
- « Les groupes de gilets jaunes se structurent. Mais il y a un problème avec les syndicats
depuis dix mois : vous venez, ou pas ? Le 21 septembre, il y a une grosse manifestation de
gilets jaunes à Paris. Ca serait bien qu’on se rejoigne. On voit certains syndicalistes, d’autres
non. J’ai été élevée par quelqu’un de la CGT, on est tous dans la même galère. Ca serait bien
d’organiser une réunion régionale GJ et militants syndicalistes. On est en train de construire
quelque chose dans ce sens pour le 2 novembre sur Aubagne. »
- « Les gilets jaunes sont restés un peu sur leur faim en ce qui concerne la jonction avec les
organisations syndicales. Nous, on a essayé de faire le lien. C’est plus ou moins compliqué
selon les endroits. Il y a des réticences à l’intérieur des syndicats, mais après discussions, il n’y
a plus le rejet du départ. Ils se sont aperçus qu’il n’y avait pas plus de fachos chez les gilets
jaunes qu’ailleurs. Après la réactivité du syndicat est moindre que celle des gilets jaunes, on
s’appuie sur des mandats. »
- « Il y a l’assemblée générale des urgentistes en grève aujourd’hui à Paris, avec des militants
de la CGT et d’autres syndicats. Et demain la fédération de la santé CGT appelle seule à
l’action ! Il y a plusieurs dates : le 16 aux finances, le 20, le 21, le 24… Les militants déplorent
qu’on ne soit pas tous ensemble. La confédération FO appelle le 21 septembre, la CGT le 24.
Pourquoi ? Ca aide bien Macron. C’est le problème de l’unité. La convergence avec les gilets
jaunes ? Tous les salariés n’ont pas rejoint le mouvement. La répression a entraîné des
violences et la peur d’une partie de la population.
Je suis au CLRR parce qu’on n’est pas tous du même horizon, et on aide à construire cette
unité. Aux finances, la riposte au plan Darmanin se construit, avec les syndicats, les salariés,
les élus, et les gilets jaunes. L’unité est un combat permanent. Le 16 septembre, on a réussi à
avoir tous les syndicats pour le retrait du plan Darmanin. Je vais participer au meeting
internationaliste du 30 novembre parce que ces questions sont posées dans tous les pays. ».
- « Les organisations syndicales sont confrontées au mouvement social des GJ, avec des
citoyens révoltés comme nous. La tournure est inédite : c’est un mouvement sans parole, écrit
sur le dos des chasubles. Il faut établir des passerelles. En 1986, il y avait un mouvement chez
les cheminots avec des coordinations, ça a bousculé les syndicats. En 1995, les organisations
ont adopté une autre pratique : les assemblées générales, en se tournant vers les personnels.
Pour les retraites, la mère des batailles, il faut analyser. Il y a une pause du gouvernement
aujourd’hui contre toute attente. Il y a eu la violence avec les gilets jaunes, le gouvernement ne
veut pas remettre ça. S’il passe en force, il perd les élections. On devrait travailler à savoir
comment on rallume le foyer sur le pouvoir d’achat. Les appels à rejoindre les gilets jaunes, ça
n’a pas fonctionné, parce qu’on n’était pas en situation de grève générale. Il n’y a pas de porteparole
des gilets jaunes, pourquoi pas, mais j’attends de rencontrer des gilets jaunes en masse
pour discuter, apprendre à se faire confiance.
Lors de la grève des cheminots l’an dernier, on n’avait pas réussi à faire ces convergences avec
les usagers et les autres salariés, mais il n’y avait pas encore eu l’étincelle des gilets jaunes. »
- « Les mouvements sociaux se produisent toujours avec le débordement des organisations
syndicales. Bien que les syndicats prêtent leurs locaux aux gilets jaunes. Il y a des difficultés :
les gilets jaunes sont allés sur les lieux de pouvoir, à Paris, mais les parisiens y allaient peu. Il y
a plusieurs dates en cette rentrée avec les syndicats ? Le 21 septembre, il y a les gilets jaunes,
et FO aussi. Le 24, la CGT, les gilets jaunes les rejoindront ou pas ? Il va y avoir sans arrêt une
piqûre de rappel à Macron. Et un coup, on ne sait pas quand, ça va péter. C’est vrai qu’il n’y a
pas de culture politique avec les gilets jaunes, ils restent très peu politisés et souvent
socialement isolés. C’est pour toutes ces raisons qu’il nous faut toujours et encore débattre si
nous voulons construire des passerelles, expliquer les conquêtes du Conseil National de la
Résistance. C’est pour ça que ces réunions du CLRR sont utiles. »
- « La dernière fois, je suis venue dire qu’il faut sortir de la guerre des étiquettes. On a tous des
problèmes. Il ne faut pas attendre l’aval des organisations syndicales pour aller manifester. Ces
réunions du CLRR, ça a permis d’avancer par rapport au début. »
- « Je suis gilet jaune, et ce ne sont pas mes premières manifestations. Je suis là parce qu’on
appelle à la convergence. Les membres du CLRR sont parmi les rares à rechercher cette
convergence, comme les réunions du dimanche à la Bourse du travail. Il y a un calendrier de
folie, avec les différentes dates. Si les instances syndicales ne se mettent pas d’accord, il faut
dépasser ça pour arriver à être tous ensemble. Au delà du pouvoir d'achat, je suis dans la rue
avant tout pour retrouver la démocratie. »
- « A Marseille, il y a un collectif sur le logement. J’ai trouvé extraordinaire la jonction entre les
citoyens, les gilets jaunes et les plus pauvres, au moment où Macron accentue le fossé de la
pauvreté. Il y a un lien entre le CNR de 1945 et le CNRR d’aujourd’hui qui met en avant la
reconquête de tous les droits. Les gilets jaunes, leurs revendications convergent contre le
capitalisme. Je suis en discussion avec une gilet jaune, salariée. Elle en a conclu qu’elle allait
se syndiquer, se présenter aux élections professionnelles dans sa boîte, c’est positif. »
- « On ne met plus les gilets jaunes dans les manifs, on subit moins de répression comme ça.
Mais on est tous citoyens. Le problème avec les syndicats, c’est qu’en haut, c’est le pognon qui
parle. Après, c’est vrai qu’il y a un problème de réactivité avec les syndicats. Le rassemblement
pour Steve, nous, on l’a organisé en dix heures. »
- « Est-ce qu’il y a quelque chose qui monte chez les syndiqués en ce moment ? »
- « Avant le 22 février en Algérie, qui aurait pu croire à un tel mouvement ? Aujourd’hui, ils sont
des millions. Qui aurait pensé au mouvement des gilets jaunes ? Ca peut péter sans qu’on s'y
attende. Après, il y a les statistiques : 57 % s’inquiètent pour les retraites. Dans notre réunion, il
n’y a pas les gilets jaunes d’un côté, les syndicalistes de l’autre. Il y a des gens, de tout, et tant
mieux. Il faut voir ce qui nous rassemble.
Les dirigeants syndicaux créent les conditions pour que ça ne réussisse pas, pour, in fine,
sauver Macron sous prétexte d’éviter Le Pen. Alors qu’on est tous touchés. Les salariés en ont
marre d’être baladés par les organisations syndicales, alors il y a les gilets jaunes, et des
mouvements comme aux urgences. Il faut des mots d’ordre clairs : retrait de la réforme
Delevoye, maintien des 42 régimes de retraite. C’est là-dessus qu’on fera l’unité.
Les questions internationales nous concernent aussi, il faut y travailler. »
- « Macron est mis en difficulté, mais il a tenu. Les dirigeants des organisations syndicales ont
laissé faire la répression. Rappelez-vous le communiqué commun de toutes les organisations
syndicales de décembre 2018, mettant à égalité la violence des manifestants avec celle des
forces de l’ordre dirigées par le gouvernement ». Si on avait réussi la jonction, ça ne se serait
pas passé de la même façon.
C’est un gouvernement bourgeois qui nous combat. L’isolement est organisé par nos dirigeants,
il y a différentes dates, ça ne nous aide pas. Notre responsabilité, c’est de passer par en bas,
dans les assemblées générales pour définir les revendications, et le moyen de les faire aboutir,
en cherchant des assemblées unitaires.
La revendication pour les retraites, effectivement, ce n’est pas « pour une autre réforme », mais
pour le retrait du projet Delevoye. Dans l’enseignement, au moment du bac, à Brignoles, il y a
eu une manif, mais c’était plus difficile dans le reste du Var. Il y a des obstacles. C’est
compliqué de faire une assemblée générale dans mon bahut avec les autres syndicats, mais on
cherche à y arriver la semaine prochaine. A Brignoles, il y a eu une assemblée de 100 profs à la
rentrée, un comité d’action de plusieurs établissements est mis en place dans ce secteur
géographique depuis mai 2019, on va voir pour la suite.
Macron engage l’acte 2 de la concertation. Il y a une volonté d’intégrer les organisations
syndicales parce qu’il est en difficulté. Il faut donc définir les revendications pour ne pas être
intégrés aux plans de Macron. Et pour combattre les obstacles, il faut une force politique,
développer le CLRR. »
- « La camarade gilet jaune s’étonne que tous les syndiqués ne viennent pas. Le problème,
c’est qu’il y a un lourd passif dans le monde syndical. Depuis des décennies, les syndicats ont
cogéré, avec les instances paritaires, obtenu quelques victoires partielles, mais le patronat et le
capital financier n’ont pas cessé d’avancer dans l’exploitation et la paupérisation des peuples.
Les cheminots, l’an dernier, ont fait la grève deux jours sur cinq, mais les patrons avaient le
calendrier, le pays n’a pas été bloqué. Pour bloquer Macron, il faut bloquer la production. Or qui
produit ? Les salariés, dans les entreprises et les administrations, là où sont les syndicats. On
n’en est pas encore à la grève générale pour bloquer la production. Les gilets jaunes, leur
qualité, c’est d’avoir dit « stop », alors que personne ne le disait côté syndical. Et aujourd’hui, il
y a l’Algérie, Hong Kong. La Chine n’a pas sorti les chars à Hong Kong, ils avaient peur d’une
révolte en Chine. Il y a un affaiblissement de ceux qui dirigent le monde, donc il faut continuer, il
y a un rejet de ces régimes. 50 % n’ont pas voté aux européennes dans toute l’Europe.
L’invitation du CILé pose la question, je cite l’appel, « de la reconstruction d’une authentique
représentation politique de la classe ouvrière », et ce qu’on fait aujourd’hui y participe. Donc je
pense que chacun ici a sa place au meeting internationaliste du 30 novembre avec tous ceux
qui sont dans cette construction ! »
- « Il y a le référendum sur ADP, Aéroport de Paris. Ca concerne aussi la résistance. Ils veulent
tout privatiser, il faut en parler autour de nous. »
- « Le peuple est souverain. Quand je dis ça, je dis qu’il aurait fallu élaborer des passerelles
entre les salariés et les GJ. C’est parce qu’au sein de mon syndicat, le débat n’a pas permis de
dépasser nos préjugés sur ce mouvement social. Mis en minorité, et ce malgré la présence de
nombreux cheminots sur les barrages, il n’a pas été permis au syndicat de lancer un appel à
soutenir voire à converger avec les gilets jaunes. En revanche, dans les Bouches-du-Rhône, et
sur d’autres UD, les choses ont été bien différentes, Certaines Unions départementales CGT se
sont inscrites dans la convergence des luttes avec leurs syndicats. Les ronds points et les
péages ont été de nouveaux lieux d’occupation et donc de blocage mais hors entreprise.
L’élection présidentielle 2017 a eu lieu en dehors des partis, sur le mode du dégagisme sans
mesurer les conséquences sur le clivage droite / gauche. Le mouvement des gilets jaunes a
marqué un tournant dans l’histoire des relations sociales caractérisées par l’érosion des
représentations collectives traditionnelles et particulièrement syndicales. Pour preuve, la
décision de manifester sur les Champs Élysées et de vouloir aussi aller jusqu’à l’Elysée. Je
pense que la République a vacillé avant le 20/12/2019. Ca restera une occasion ratée. Macron
s’en est sorti avec le grand débat. Néanmoins, je pense que la CGT aurait dû participer au
grand débat pour porter le projet anti capitaliste qu’une autre société est possible. Sachant au
passage que 90 % des revendications des gilets jaunes sont similaires aux revendications des
syndicats progressistes. On aurait dû accompagner, aider les gilets jaunes, comme on a su le
faire en 2006 pour le CPE, on avait mis l’organisation syndicale au service des jeunes. »
- « Les gilets jaunes ont permis que plein de gens discutent, c’est ça la démocratie. En tant que
syndicaliste, j’ai été invité dans beaucoup d’assemblées. Et la démocratie, c’est le bordel ! Estce
que ça frémit chez les salariés ? Aux finances, oui. Les agents viennent plus nombreux aux
assemblées. Ce sont les salariés qui décideront. Il faut se parler, y compris avec les GJ. »
Relevé de décisions :
- Rédaction d’un compte rendu de cette réunion, relu et éventuellement amendé par les
participants avant diffusion plus large, et communication au site du CNRR
(www.cnrr2018.sitew.fr).
- On poursuit le travail pour l’unité et les convergences. Dates annoncées pendant la réunion :
- le 16 septembre aux finances, pour le retrait du plan Darmanin, rassemblement à
Toulon, place Noël Blache
- le 21 septembre à Paris, FO contre la réforme des retraites et les citoyens en colère
- le 24 septembre, appel de la CGT, à Toulon, 10 h 30, place de la Liberté
- On poursuit la campagne pour la libération de Louisa Hanoune, et la campagne financière
pour le meeting du 30 novembre (1 300 € pour les 18 billets de train). 170 € sont versés le jour
de la réunion. 8 participants s’inscrivent pour le meeting, plus deux autres qui montent par
d’autres moyens.
- Informations ouvrières est le support des discussions des CLRR. Un participant se réabonne.
- Prochaine réunion jeudi 10 octobre à 18 h (salle à préciser)

 

11 septembre 2019, réunion CL2R Paris 19ème 10 juillet 2019, réunion CL2R Versailles